Un peu d’histoire…

Chassenon et la production viticole

Une histoire oubliée : Chassenon et la production viticole

Lieu de passage fréquenté entre Fontenay-le-Comte et Parthenay, la petite paroisse de Chassenon comptait jadis plusieurs cabarets. En 1594, il est fait mention d’un de ces tenanciers, Nicolas Meriot, qualifié de « marchand hostelier ». La présence de voyageurs faisait vendre une quantité assez importante de vin blanc au bourg de « Chassenon-le-Jeune ». Le rôle de la taille en 1639 comptabilise pas moins de treize vignerons habitant Chassenon qui mettaient en valeur plusieurs fiefs de vignes. Peu avant la Révolution, le seigneur de la localité fit planter une nouvelle grande vigne qu’il concéda à tous les chefs de famille du village moyennant un droit féodal équivalent à un panier de raisin sur dix.

Ce vin produit sur place, assez réputé d’ailleurs, était en partie exporté vers les villages voisins. Un mémoire établi par la municipalité de Coulonges en 1788 mentionnait que la majeure partie du vin consommée « du moins quant au vin blanc est tiré des environs de Fontenay et des paroisses des Loges et de Chassenon ». À la veille de la Première guerre mondiale, le vin servi lors des festivités organisées par la municipalité xantonnaise, comme celles des écoles publiques ou du 14 Juillet, était encore produit à Chassenon.

Les fiefs de vignes à Chassenon en 1810 (carte ci-contre)

Pour en savoir plus, un livre sur l’histoire de Chassenon par Guillaume Porchet est en vente à la mairie au prix de 15 euros.

Le château de Chassenon

Le 7 décembre 1534, Jehan Dubreuil, écuyer, seigneur de Chassenon, rend aveu pour « sa maison forte » de Chassenon « environnée de douves garnies d’eau courante avec pont-levis ».

La bâtisse, située au bord de l’actuelle route de Coulonges à Fontenay-le-Comte, semble avoir subi peu de modifications jusqu’à l’arrivée de Antoine Walsh, dit le chevalier Walsh, en 1776. Le nouveau seigneur fait alors construire durant les années 1780, près de l’ancienne demeure, le château que nous connaissons actuellement.

En 1791, après avoir reçu des nouvelles alarmistes de Saint-Domingue où la famille possède des plantations, Antoine Walsh quitte la France accompagné de son gendre. Là-bas, pour échapper au massacre des blancs par les anciens esclaves, il s’embarque sur une corvette dénommée la Fine, laquelle, incapable de tenir la mer, périt corps et biens près des côtes de Virginie au mois d’octobre 1793.

En 1807, la veuve et les filles Walsh vendent la terre de Chassenon à Jean-Joachim Möller. Ce dernier, né en Norvège en 1754, est un riche négociant de Hambourg que le roi du Danemark avait promu consul à Nantes quelques années avant la Révolution. À son décès en 1819, le domaine passe aux mains de son fils Ignace Möller, premier maire de Xanton-Chassenon en 1828, puis d’Ernest Möller, à la mort de son père en 1841.

Ernest Möller s’attache dans la seconde moitié du XIXe siècle à améliorer et à embellir sa propriété qui passe pour une des plus belles du département. Il acquiert également de nouvelles fermes au cours des années 1870 et 1880 : Pineau, la Martinière et les Petit et Grand Champdoré à Darlais.

À son décès en 1898, sa fille aînée, Elisa, épouse d’Alfred Querqui, hérite du domaine. Alfred Querqui fait apporter en 1900 d’importantes modifications au château, particulièrement à la toiture.

Leur fils unique, Eugène Querqui, étant mort en 1927 (après avoir pris froid lors d’une chasse) sans laisser postérité, c’est donc un petit cousin, Jean Siock’han de Kersabiec, qui hérite de Chassenon en 1942.

Guillaume PORCHET

 Le château de Chassenon vers 1905

Etymologie de Xanton-Chassenon

Xanton viendrait de 2 mots Gaulois : ciuntu, « excellent », et ona, « source » qui évoque le point d’eau autour duquel le village s’est construit. Chassenon serait lui d’origine celte, cassenon signifiant « fonderie ». 10 siècles se sont écoulés depuis la première fois que l’on a trouvé trace d’un acte mentionnant Xanton et Chassenon. C’est en effet en 989, que Guillaume Fier à Bras, comte de Poitiers, s’étant réconcilié avec sa femme Emma, lui rend ses biens auquels il ajoute même les Eglises de Santon et Chassenon.

La fusion de Xanton et de Chassenon en 1828

C’est en 1826 que les conseils municipaux de Xanton et de Chassenon demandent à se rapprocher sous l’impulsion de Ignace Möller, le maire de Chassenon et qui est aussi conseiller de préfecture à La Roche-sur-Yon. Il faut dire que, depuis la Révolution, l’église de Chassenon est une ruine et la famille Möller, de confession protestante, n’a rien fait pour œuvrer à sa reconstruction. Les habitants de Chassenon ont donc pris l’habitude d’aller communier à Xanton, la paroisse voisine. Cette fusion constitue une suite logique au rapprochement opéré déjà depuis plusieurs années.

Bien que Chassenon ne fasse que la moitié de Xanton en terme d’habitants, la commune souhaite donner son nom à la nouvelle entité et être le siège de la mairie. Jugée trop éloignée des villages de Darlais et de Vigne et donc mal située géographiquement, le préfet refuse et donne sa préférence à Xanton. Malgré ça, Ignace Möller, le premier maire de Xanton-Chassenon signera les délibérations municipales à Chassenon dont nous ignorons d’ailleurs où était située la mairie.

Le premier maire de la nouvelle commune et son conseil municipal sont nommés – et non pas élus – par le préfet et installés le 22 janvier 1828. Bien sûr, c’est Ignace Möller qui est nommé à la tête de la municipalité alors que Louis Mesnard, l’ancien maire de Xanton, est désigné adjoint. La population de Xanton comptant un peu plus de 550 âmes et celle de Chassenon 265, c’est donc une commune de 815 habitants qui est née.

Guillaume PORCHET