Le mot du Maire

En 2100, restera-t-il de l’eau potable sur la planète, des espèces vivantes, des métaux rares ? Quelle température fera t-il ? Suffoquerons-nous dans un mélange de gaz carbonique ou de méthane ? Tout semble nous échapper.

Face à l’ampleur du désastre écologique lié au toujours plus, au capitalisme à tout crin, au paradigme d’une croissance infinie des ressources qu’il faut exploiter, nous participons tous à la danse macabre. Nous continuons à utiliser notre voiture, même pour un déplacement de 500 mètres. Nous stockons des dizaines de milliers de données inutiles consommant une énergie effroyable. Nous achetons de la nourriture transformée en se croyant vertueux parce qu’on a troqué le steak de bœuf pour celui au soja.

De plus en plus déconnectés, nous ne voyons pas que le nombre d’hirondelles a considérablement diminué, que la plupart des insectes ont disparu, que les ruches se vident mystérieusement.

Que faire ? Assurément retrouver un fonctionnement de proximité. En finir avec le diktat du toujours plus grand qui, sous prétexte d’économie ou de facilité, nous met sous contrôle, nous emprisonne voire nous empoisonne. C’est localement que nous pouvons changer d’ère en nous impliquant dans une association (peut-être à créer) en sensibilisant les plus jeunes à leur environnement, en favorisant la transition agricole, de l’agriculture intensive, modèle à bout de souffle, vers une production respectueuse de l’environnement.

C’est ainsi que nous pourrons retrouver une marge de manœuvre pour sortir de cette ère dite de la modernité. Le toujours plus grand, trop grand, trop puissant, trop lointain conduit à la résignation, à l’aigreur, à la révolte. La viande des vaches de Didier qui paissent dans les prairies de la vallée de l’Autize n’a pas le même impact que celle qui vient du Brésil où l’on a déboisé la forêt amazonienne pour élever des milliers de bêtes qui ne voient pas un brin d’herbe.

Pourtant on peut réduire l’empreinte écologique par le pâturage. Si les vaches mangent de l’herbe plutôt que des céréales ou des tourteaux de soja venus d’Amérique du Sud par exemple, le bilan carbone sera favorable ! Si nous perdons ce rapport au local, au sol, au cycle de vie nous nous trompons dans nos choix. Si nous continuons de confier à des empires financiers et industriels notre destin, nous allons y perdre la santé, la beauté des lieux et la vie.

Retrouver des territoires à taille humaine, c’est reconstruire des solidarités, c’est comprendre la complexité des écosystèmes et respecter les êtres vivants. Les plantes et les animaux sont précieux, fragiles et indispensables à notre survie physique et intellectuelle. C’est à l’échelle du village, du hameau que chacun peut agir, se sentir exister, apprécier une beauté, une fraternité qui a disparu avec les temps modernes. Tout est possible, il suffit de le vouloir.

C’était mon dernier édito du mandat, il n’y en aura plus avant les élections municipales des 15 et 22 mars prochains. J’ai bien conscience de vous avoir peut-être cassé les pieds… parfois…, souvent… toujours avec mes éditos. Je n’ai fait qu’essayer de dépasser le cadre de notre commune pour vous interpeller sur des sujets qui me tiennent à cœur.

Le personnel communal et les élus se joignent à moi pour vous souhaiter à toutes et à tous de joyeuses fêtes de fin d’année, une bonne et heureuse année 2020. Que celle-ci vous permette de réaliser vos rêves les plus fous et vous préserve de la maladie.

Le Maire

C. Renault